Décryptage macroéconomique d'AXA Investment Managers, société de gestion, au 20 Avril 2020

  • Les sorties de confinement se profilent à l'horizon même si nous devons rester prudents.
  • Aux Etats-Unis, la situation reste tendue et la reprise sera probablement plus longue qu’en Europe alors que le taux de chômage avoisine les 10 % et la demande d’accord de prêts d’urgence ne cesse de croître.
  • Des « investissements verts » massifs sont le moyen d'éviter que la lutte contre le réchauffement climatique ne devienne une victime de la pandémie. Il n'y a pas de compromis réalisable entre la croissance et les objectifs environnementaux.

La perspective de la sortie du confinement se concrétise en Europe avec un nombre croissant de pays qui dévoilent des calendriers pour l'assouplissement des mesures de confinement. Certaines conditions devront être remplies - notamment une plus grande capacité de tests - mais nous devrions assister à une normalisation progressive de l'offre de nos économies d'ici la mi-mai en moyenne dans la zone euro. Dans l'intervalle, nous continuerons à évaluer les dégâts.

La détérioration du marché du travail est très forte aux États-Unis. Nous examinons attentivement les différents programmes mis en place pour soutenir l'économie. Du côté du gouvernement, nous constatons que le programme de protection des salaires, déjà épuisé, est sujet à la fraude. Du côté de la Fed, nous sommes préoccupés par les limites du programme phare "Main Street Lending Facility". Néanmoins, le soutien apporté au marché du crédit pourrait être potentiellement massif, même s'il est politiquement épineux.

Les entreprises liées au pétrole vont être parmi les principaux bénéficiaires de la nouvelle orientation de la Fed étant donné leur poids sur le marché des titres à haut rendement. La dépendance des États-Unis au pétrole est en train de devenir un problème de stabilité financière important, tandis que la disparition de nombreux projets de gaz de schiste aggravera la récession américaine.

Cela nous amène à nous demander si la lutte contre le réchauffement climatique pourrait être une victime de la pandémie. Nous pensons que la baisse temporaire des émissions de CO2 déclenchée par la récession ne va pas changer la vitesse à laquelle nous consommons l'"enveloppe de carbone" compatible avec le maintien du réchauffement climatique en dessous de 1,5 degré. Sans une accélération du rythme de la "décarbonisation" de nos économies, la seule façon de respecter l'objectif en matière d'émissions serait d'accepter une contraction du PIB pendant une décennie, ce qui serait politiquement et socialement inacceptable, et encore plus après le choc actuel. Nous réitérons notre point de vue selon lequel l'émission conjointe de dette à long terme, en profitant du niveau actuel des taux d'intérêt, pour financer l'effort d'investissement nécessaire à la transition verte, permettrait de concilier les deux impératifs que sont le rétablissement d'une croissance économique robuste et la lutte contre le réchauffement climatique.

Cette semaine dans le monde

Etats-Unis

La semaine dernière

  • Les demandes d'allocations de chômage ont encore augmenté de 5,2 millions, portant le total à 22 millions en quatre semaines.
  • Les données de mars ont fortement baissé : ventes au détail (-8,7%), production industrielle (-5,4%).
  • D. Trump dévoile un processus en trois étapes pour que les États mettent fin au confinement lié au Coronavirus.

A suivre cette semaine...

  • Demandes d'allocations de chômage après une hausse de 22 millions en 4 semaines.
  • Épuisement des 377 milliards de dollars prévus dans la loi CARES : une éventuelle relance budgétaire supplémentaire pour renforcer le programme de protection des salaires.
  • Ventes de maisons neuves et existantes aux États-Unis pour le mois de mars.
  • Estimations préliminaires des indices PMI d'avril.

Europe

La semaine dernière

  • Les plans d'assouplissement du confinement commencent à prendre forme : L'Allemagne rouvrira les petits magasins le lundi 20, tandis que l'industrie et la construction reprendront en Espagne.
  • Les régimes de chômage partiel sont massivement utilisés : 725 000 entreprises en Allemagne, 8,7 millions de salariés en France.

A suivre cette semaine...

  • Les indices PMI d'avril et l'IFO allemande vont montrer une nouvelle détérioration du sentiment.
  • Après que la France a porté son plan budgétaire à 110 milliards d'euros la semaine dernière, le gouvernement italien devrait approuver un nouveau paquet d'environ 60 milliards d'euros.
  • Le Conseil de l'UE discutera du "Fonds de relance", les progrès en matière de mutualisation restant limités.

Chine

La semaine dernière

  • La croissance du PIB au premier trimestre s'est contractée de 6,8 %, soit un peu plus que notre prévision de -7,5 %.
  • La reprise a été inégale et comporte des risques, ce qui appelle des réponses politiques plus énergiques.

A suivre cette semaine...

  • Le taux préférentiel des prêts va baisser de 20 points de base.
  • La réunion du Politburo pourrait annoncer plus d’assouplissements.

Marchés émergents

La semaine dernière

  • La banque centrale des Philippines a réduit ses taux de 50 points de base avant la réunion prévue.
  • La Corée a publié un deuxième budget supplémentaire de 7,6 milliards de KRW pour lutter contre la COVID-19.
  • L'indice des prix à la consommation de mars en Pologne a ralenti, passant de 4,7 % à 4,6 %. L'impact désinflationniste du COVID-19 devrait se matérialiser dans les prochains mois.

A suivre cette semaine...

  • La Banque centrale de Turquie et la Banque de Russie se rencontreront la semaine prochaine.
  • Publication à venir de la production industrielle et du taux de chômage en mars en Russie, taux d'inflation d'un demi-mois en avril au Mexique.

L’investissement sur les marchés implique un risque de perte en capital.

Ce document est exclusivement conçu à des fins d’information. Il ne constitue ni un élément contractuel, ni un conseil en investissement. Il a été établi sur la base d'informations, projections, estimations, anticipations et hypothèses qui comportent une part de jugement subjectif. Ses analyses et ses conclusions sont l’expression d’une opinion indépendante, formée à partir des informations disponibles à une date donnée.

Ainsi, compte tenu du caractère subjectif et indicatif de ces analyses, nous attirons votre attention sur le fait que l'évolution effective des variables économiques et des valorisations des marchés financiers pourrait s'écarter significativement des indications (projections, estimations, anticipations et hypothèses) qui vous sont communiquées dans ce document. En outre, du fait de leur simplification, les informations contenues dans ce document peuvent n’être que partielles. Elles sont susceptibles d'être modifiées sans préavis et AXA Investment Managers n’est pas tenu de les mettre à jour systématiquement.

Toutes ces données ont été établies sur la base d’informations rendues publiques par les fournisseurs officiels de statistiques économiques, et de marché. L’ensemble des graphiques du présent document, sauf mention contraire, ont été établi à la date de publication de ce document.

Les destinataires de ce document s’engagent à ce que l'utilisation des informations y figurant soit limitée à la seule évaluation de leur intérêt propre en considération des stratégies visées. Toute reproduction partielle ou totale des informations ou du document est soumise à une autorisation préalable expresse de la Société.

Rédacteur : AXA Investment Managers Paris – Tour Majunga – 6, place de la Pyramide – 92908 Paris La défense cedex. Société de gestion de portefeuille titulaire de l’agrément AMF N° GP 92-08 en date du 7 avril 1992 S.A au capital de 1 384 380 euros immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Nanterre sous le numéro 353 534 506