Paru au Journal Officiel (JO) du 26 décembre 2025, un décret étend, une nouvelle fois, le périmètre d’exercice des infirmiers diplômés d’État (IDE). Pris en application de la loi sur la profession adoptée en juin dernier, le texte s’inscrit dans un contexte de fortes tensions sur l’accès aux soins, marqué notamment par la pénurie de médecins et l’allongement des délais de rendez-vous sur l’ensemble du territoire. Il autorise désormais les infirmières et infirmiers à « initier » les soins relevant de leur champ de compétences, qu’ils soient « de nature préventive, éducative, curative, relationnelle ou destinés à la surveillance clinique ». Cette évolution consacre leur aptitude à « prendre en charge directement les patients » dans le cadre de leur « rôle propre », sans intervention préalable d’un médecin. Le décret reconnaît également leur capacité à dispenser des « soins relationnels permettant d’apporter un soutien psychologique » aux patients. Il leur ouvre aussi le droit, dans des domaines précisément définis, de « prescrire des produits de santé et des examens complémentaires adaptés à la situation clinique ». Cette autonomie renforcée reste, toutefois, encadrée sur le plan organisationnel. « L’infirmier exerce ses activités en coordination et collaboration avec les professionnels de santé et des secteurs social, médico-social et éducatif, ainsi qu’avec tout autre intervenant du parcours de santé, et contribue, lorsque cela est prévu par les dispositifs existants, à l’élaboration ou à l’actualisation du projet personnalisé de vie et de soins », insiste le décret. En outre, l’entrée en vigueur complète de ces mesures demeure suspendue à la publication des arrêtés d’application attendus « au plus tard le 30 juin 2026 ».