Dans une communication dévoilée le 15 janvier 2026 sur son site internet, Bpifrance Création – une structure publique assurant des missions de soutien à la création d’entreprises et à l’entrepreneuriat – annonce la parution d’un livre blanc consacré à la transmission et à la reprise d’entreprises artisanales, réalisé notamment en partenariat avec CMA France, le réseau des chambres de métiers et de l’artisanat.
Cette étude met en évidence plusieurs tendances.
Premier constat : plus d’un tiers (38 % exactement) des dirigeants de très petites entreprises (TPE) et de petites et moyennes entreprises (PME) artisanales envisagent de céder leur entreprise dans les cinq prochaines années. Les freins évoqués par les dirigeants souhaitant céder leur entreprise sont similaires à ceux rencontrés dans d’autres secteurs (absence d’offre de reprise satisfaisante, prix jugé trop bas, profil inadapté des repreneurs ou complexité des démarches administratives).
Du côté des repreneurs, la situation apparaît toutefois plus complexe dans l’artisanat. Selon l’enquête, 64 % d’entre eux déclarent rencontrer des obstacles, contre 59 % pour les projets de reprise dans d’autres secteurs. Ils éprouvent notamment davantage de difficultés à identifier une entreprise à reprendre (15 % versus 10 %) et doivent patienter plus longtemps pour concrétiser leur projet, avec un délai moyen de 9,4 mois contre 7,8 mois ailleurs.
Le livre blanc souligne également l’importance d’un marché de la transmission d’entreprises artisanales peu visible. Entre 50 % et 70 % des opportunités de reprise ne feraient l’objet d’aucune annonce publique. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène : la volonté de discrétion des cédants, les transmissions familiales ou internes à des salariés, mais aussi un manque de préparation ou une méconnaissance des dispositifs d’accompagnement.
Cette situation peut conduire à la disparition d’entreprises artisanales pourtant viables, faute de repreneurs identifiés à temps. Pour accéder à ce marché « caché », les auteurs du livre blanc recommandent notamment de développer le réseautage, de s’appuyer sur des experts locaux et de candidater directement auprès d’entreprises ciblées.