Une sur quatre. C'est la part des Françaises qui détenaient l’an dernier un produit d'investissement, selon l'Autorité des marchés financiers. Un chiffre en hausse régulière depuis deux ans, qui masque des inégalités avec les hommes.
La tendance est claire. Selon un baromètre de l’Autorité des marchés financiers (AMF) publié le 3 mars 2026, 21 % des Françaises détenaient en 2023 un produit d'investissement, comme un placement boursier, des cryptomonnaies (bitcoin, ethereum…) ou du crowdfunding (financement participatif). En 2025, elles étaient 24 % dans ce cas, une progression lente mais continue qui témoigne d'une évolution des femmes dans leur rapport à l'argent.
Parmi les placements détenus, les contrats d’assurance-vie intégrant au moins un support non garanti arrive en tête, avec 20 % des épargnantes concernées. Viennent ensuite le compte-titres ordinaire (CTO) ou le plan d'épargne en actions (PEA), détenus par 19 % d'entre elles, et les fonds immobiliers non cotés (SCPI, OPCI, SC/UC), qui concernent 4 % des Françaises.
Des revenus et un patrimoine inférieurs
Malgré ces signaux encourageants, les femmes restent globalement plus prudentes que les hommes dans leur gestion de l'épargne. En 2025, près d'une épargnante sur deux (48 % exactement) ne détenait que des produits à capital garanti, comme le Livret A ou les fonds en euros de l'assurance-vie. C'est 19 points de pourcentage de plus que chez les hommes. Et seules 34 % d'entre elles se déclarent prêtes à prendre des risques pour faire fructifier leur argent, contre 57 % de leurs homologues masculins.
Cette réserve n'a pourtant rien d'un caprice : elle reflète une réalité économique. Les femmes perçoivent en moyenne 3 500 euros de revenus par mois (allocations et aides financières comprises), contre 4 200 euros par mois pour les hommes. Leur patrimoine financier moyen s'élève à 53 000 euros, loin des 82 000 euros constatés du côté masculin. Difficile de prendre des risques quand les marges de manœuvre sont plus étroites.
Un manque de confiance
L'obstacle n'est pas seulement financier. Il est aussi psychologique. Seules 28 % des Françaises se disent confiantes dans l'évolution de leur situation économique et financière, contre 39 % des hommes. Ce doute s'étend à leur rapport aux placements : à peine 28 % estiment bien maîtriser les produits d'épargne et d'investissement, soit 23 points de moins que les hommes (51 %). Elles sont également moins nombreuses à aller chercher activement l'information sur le sujet (51 % contre 70 % chez les hommes). Un déficit de confiance qui, plus que le goût du risque, semble constituer leur principal frein à l'investissement.
Mais c'est sans doute l'enseignement le plus inattendu du baromètre de l’AMF : dès lors qu'elles ont franchi le pas de l'investissement, les Françaises font des choix très proches de ceux des hommes et se montrent parfois plus audacieuses. Parmi les investisseuses, 78 % détiennent un CTO ou un PEA, contre 7 5% chez les investisseurs. Elles sont 33 % à y loger des actions cotées, contre 32 % pour les hommes. Et 22 % ont misé sur des fonds de capital-investissement (titres d'entreprises non cotées en Bourse), une proportion qui dépasse celle des hommes, établie à 17 %. L'écart se resserre également sur l'assurance-vie partiellement risquée, détenue par 32 % des investisseuses, contre 30 % des investisseurs.