Les compétences des infirmiers diplômés d’État (IDE) franchissent un nouveau cap. Deux arrêtés, publiés au Journal officiel du 27 juin 2026, mettent en œuvre la réforme issue de la loi du 27 juin 2025 et élargissent leur champ de compétences, avec un objectif : faciliter l’accès aux soins et fluidifier le parcours des patients. Le premier arrêté autorise désormais les IDE, dans leur champ de compétences, à assurer une prise en charge clinique complète. Ils peuvent évaluer l’état de santé d’un patient, conduire des consultations, repérer des situations de fragilité ou de souffrance psychique, mettre en œuvre des actions de prévention, d’éducation à la santé et de suivi clinique, tout en coordonnant le parcours de soins. Le texte distingue également les actes réalisés de manière autonome, ceux effectués sur prescription médicale et ceux nécessitant l’intervention d’un médecin. Le second arrêté élargit leurs possibilités de prescription. Les infirmiers diplômés d’État peuvent désormais prescrire une liste définie de produits de santé, de dispositifs médicaux et d’examens complémentaires utiles à leur pratique. Parmi eux figurent les pansements, les substituts nicotiniques, les antalgiques de palier 1, les vaccins obligatoires inscrits au calendrier vaccinal, les préservatifs, la contraception d’urgence ainsi que, sous conditions, le renouvellement de contraceptifs oraux. Les IDE peuvent également prescrire certains examens biologiques ciblés, comme le dosage de la bêta-HCG pour confirmer une grossesse ou des tests de dépistage de plusieurs infections sexuellement transmissibles (IST). Chaque prescription devra toutefois être consignée dans le dossier du patient ou dans son dossier médical partagé (DMP). Une inconnue demeure toutefois pour les infirmiers libéraux : le remboursement des consultations dépendra de la future convention avec l’Assurance maladie, dont la négociation reste à finaliser.