La fatigue s’installe chez les chefs d’entreprise artisanale du bâtiment et du paysage. C’est ce que révèle la douzième édition du baromètre Artisanté, réalisée auprès de 2 491 chefs d’entreprise artisanale par l’Institut de recherche et d’innovation sur la santé et la sécurité au travail (IRIS-ST), la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb, qui regroupe plus de 400 000 entreprises de moins de 20 salariés) et la Chambre nationale de l’artisanat des travaux publics et du paysage (CNATP).
L’étude, publiée le 12 juin 2026, décrit une profession passionnée, mais de plus en plus éprouvée. Elle met d’abord en évidence une implication quasi permanente. Près d’un répondant sur deux (48 %) travaille régulièrement, voire systématiquement, le week-end. Ils sont 31 % à ne pas prendre plus de deux semaines de congés par an. Même loin de l’entreprise, 63 % consultent leurs e-mails professionnels chaque jour pendant leurs vacances, soit six points de pourcentage de plus qu’en 2024. Résultat : 77 % estiment que leur activité empiète sur leur vie personnelle. Cette porosité accentue l’usure. Plus d’un dirigeant sur deux (54 %) se dit fatigué et 43 % déclarent avoir souffert d’un trouble psychique au cours des douze derniers mois. Le moral recule aussi : seuls 38 % des sondés se disent optimistes pour l’avenir de leur entreprise, dans un contexte de baisse d’activité de 3,8 % et d’incertitudes économiques et politiques. De plus, le stress reste tenace. La charge de travail, le poids des responsabilités, le manque de visibilité et la complexité administrative constituent les principales sources de tension. L’administratif pèse particulièrement : 42 % des chefs d’entreprise y voient un facteur important de stress. En parallèle, seuls 62 % s’estiment suffisamment accompagnés dans la gestion de leur activité, un niveau en recul. Pourtant, la flamme tient bon. Deux tiers des répondants (67 %) se disent pleinement épanouis dans leur métier. Une passion qui contribue à atténuer les difficultés, sans faire disparaître les signaux d’alerte.