Le télétravail a-t-il rendu les entreprises plus performantes ? Une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), publiée le 19 mai 2026 et conduite avec la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) – qui dépend du ministère du Travail et de l’Emploi -, apporte une réponse nuancée, mais positive. Ce mode d’organisation, durablement installé depuis la crise sanitaire liée au Covid-19, a pris une forme hybride, le plus souvent deux jours à distance et trois jours en présentiel. Sur un échantillon de 6 600 sociétés non financières de dix salariés ou plus, hors agriculture, finance, assurance et immobilier, les auteurs de l’enquête constatent qu’un recours accru au travail en distanciel s’accompagne de gains de productivité plus élevés : une hausse de 10 points de la part de salariés en télétravail est associée à un gain de croissance de 0,7 à 1 point de pourcentage entre 2019 et 2022, observe l’Insee. L’effet est nettement plus marqué pour les entreprises qui louaient, avant la pandémie, des bureaux distincts de leurs autres locaux de production. Ces sociétés ont davantage adopté cette pratique (36% de télétravailleurs en moyenne, contre 10% pour les autres), leur configuration immobilière ayant facilité la réorganisation du travail. Pour elles, dix points supplémentaires de salariés travaillant à distance se traduisent par un gain de croissance de la productivité de 2,7 points. Cette amélioration ne s’explique qu’en partie par la réduction des surfaces de bureaux ou les investissements informatiques. Elle proviendrait surtout de mécanismes organisationnels et de meilleures conditions de travail. L’effet s’estompe toutefois lorsque la part des salariés travaillant à distance dépasse 20 % à 25 % de l’emploi total, note l’Insee. L’institut de la statistique invite, toutefois, à la prudence : ces gains microéconomiques ne garantissent pas une hausse de la productivité à l’échelle de l’ensemble de l’économie, les bénéfices pouvant être contrebalancés par les effets négatifs sur l’immobilier d’entreprise.