Plus les personnes sont aisées et plus elles vivent longtemps, souligne une récente étude de l'Insee. L’espérance de vie augmente avec le niveau de vie. Cette idée préconçue est confirmée par une enquête de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiée le 15 décembre 2025 et réalisée à partir des données de 4 % de la population française, soit plus de 2,7 millions de personnes, sur la période 2020-2024.

Il en ressort que l’espérance de vie à la naissance des 5 % des hommes disposant des revenus les plus faibles est de seulement 72 ans, contre 85 ans pour les 5 % des hommes bénéficiant des revenus les plus élevés. La différence est plus faible pour les femmes : les 5 % les plus modestes vivent, en moyenne, jusqu’à 80,1 ans, tandis que les 5 % les plus aisées décèdent, en moyenne à 88,7 ans.

Plus de renoncement aux soins chez les plus modestes

Dit autrement, l’espérance de vie des hommes et des femmes les plus fortunés est respectivement supérieure de 13 ans et de 9 ans par rapport à leurs homologues aux revenus les plus bas. « Les femmes parmi les 5 % les plus aisées vivent en moyenne 17 ans de plus que les hommes parmi les 5 % les plus modestes », résume l’Insee. L’institut de la statistique avance plusieurs explications à ce phénomène.

En premier lieu, les moins argentés disposent logiquement de moins d’argent pour se soigner. Parmi les 20 % des Français les plus modestes, 3,2 % déclarent ainsi avoir renoncé à des examens médicaux pour des raisons financières. Par ailleurs, les ouvriers pas ou peu diplômés sont davantage exposés à des risques professionnels (accidents du travail, maladies professionnelles) car ils exercent des métiers plus manuels que les cadres diplômés qui travaillent généralement dans des bureaux.

L’impact également du niveau de diplôme

Le niveau de diplôme (et par ricochet, le niveau de revenus) a également un impact sur les comportements à risque. À titre d’exemple, 21 % des adultes non-diplômés ou avec un diplôme inférieur au bac fument tous les jours, versus 13 % des diplômés de l’enseignement supérieur. Les peu diplômés accèdent moins facilement aux informations liées à la santé et les comprennent moins bien.

Enfin, un faible niveau de vie peut être la conséquence d’une mauvaise santé plutôt qu’en être la cause. « Une santé défaillante peut freiner la poursuite d’études, l’exercice d’un emploi, ou l’accès aux emplois les plus qualifiés », souligne l’autrice de l’étude.

Décalages exacerbés à 50 ans pour les hommes, 55 ans pour les femmes

C’est à 50 ans que les hommes les plus modestes décèdent le plus par rapport aux hommes les plus aisés : les premiers meurent sept fois plus que les seconds (trois fois plus à 20 ans, six fois plus à 60 ans et seulement deux fois plus à 80 ans). Les maladies liées au tabac, à l’alcool, à l’obésité et aux risques professionnels apparaissent généralement à la cinquantaine.

L’écart de décès le plus important entre les femmes les plus modestes et les femmes les plus aisées se situe, lui, à 55 ans avec six fois plus de décès des premières par rapport aux secondes. Ce basculement semble coïncider avec l’entrée dans la ménopause qui entraîne souvent un suivi médical (gynécologique, en particulier) moins régulier.

Moins de pratiques à risque chez la gent féminine

Quel que soit le niveau de revenu, l’espérance de vie des femmes est plus élevée comparée à celle des hommes. Par rapport à leurs homologues masculins, elles boivent et fument moins. Comme elles travaillent plus souvent à temps partiel, elles sont aussi moins exposées aux risques professionnels. Enfin, les femmes disposeraient, selon plusieurs études, d’avantages génétiques qui expliqueraient, en partie, leur espérance de vie plus longue que celle des hommes.

Si l’espérance de vie des femmes et des hommes croît avec le niveau de vie, cette progression s’atténue au fur et à mesure que les revenus augmentent. Aux alentours de 1 200 euros par mois, 100 euros par mois supplémentaires génèrent un gain de vie de 0,8 an chez les femmes et de 1 an chez les hommes. Autour de 2 000 euros par mois, le gain n’est plus que de 0,2 an chez les premières et de 0,4 an chez les seconds. Il atteint seulement 0,1 an pour la gent féminine et 0,2 an pour la gent masculine autour de 3 000 euros par mois.

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