Dans une note récente, l’Agirc-Arrco rappelle les avantages de ce dispositif qui permet d’aménager une transition en douceur vers la retraite.
Selon les dernières données des ministères sanitaires et sociaux, un peu moins de 4 % des salariés du secteur privé sont en retraite progressive. C’est dire si ce dispositif, qui permet de travailler à temps partiel en fin de carrière tout en touchant une fraction de sa retraite, est peu connu.
Pour combler cette lacune, l’Agirc-Arrco a mis en ligne, le 30 mars 2026, une note d’information sur son site Internet pour faire connaître à ses affiliés la retraite progressive. En premier lieu, le régime de retraite complémentaire des salariés du privé rappelle que le mécanisme est désormais accessible dès 60 ans (l’accès était autorisé, avant le 1er septembre 2025, seulement deux ans avant l’âge légal, fixé de 62 à 64 ans selon la date de naissance).
Au moins 37,5 ans de cotisations
En outre, le salarié doit avoir validé au moins 150 trimestres (soit l’équivalent de 37,5 ans de cotisation), tous régimes de retraite de base confondus. Enfin, il doit travailler à temps partiel. Le temps travaillé doit représenter entre 40 % à 80 % d’un temps plein. La pension versée est inversement proportionnelle au temps partiel. « Si vous travaillez, par exemple, à 8 0%, vous percevrez 20 % de vos retraites de base et complémentaires », illustre l’Agirc-Arrco.
Les salariés en forfait-jours, c’est-à-dire dont le temps de travail est annualisé, ont également droit à la retraire progressive depuis 2022. Ils doivent travailler entre 87 jours et 174 jours par an. À noter :la réforme des retraites de 2023 a étendu la retraiteprogressive à l’ensemble des actifs. Jusqu’ici réservé aux salariés, aux artisans, aux commerçants et aux agriculteurs, le dispositif est aujourd’hui accessible aux fonctionnaires, aux agents des entreprises et établissements publics (EDF, SNCF, RATP, Banque de France…), ainsi qu’aux professions libérales (médecins, avocats, notaires, pharmaciens, architectes, experts-comptables…).
Des règles différentes pour les fonctionnaires et les indépendants
Les règles diffèrent quelque peu selon les statuts professionnels, puisque les agents de la fonction publique doivent travailler entre 50 % et 90 % d’un temps complet, tandis que les indépendants (dont les libéraux) doivent réduire leurs revenus professionnels de 20% à 60%. Les atouts de la retraite progressive sont nombreux, selon l’Agirc-Arrco.
La fraction de la retraite versée comble partiellement, voire totalement, le manque à gagner causé par le passage à temps partiel. Par ailleurs, l’actif continue à cotiser, et donc à valider des trimestres et des points de retraite. « Avec l’accord de votre employeur, vous pouvez cotiser sur la base d’un salaire à temps plein pendant votre activité à temps partiel pour augmenter le montant de votre future retraite », ajoute l’Agirc-Arrco. Au départ réel à la retraite, les pensions de base et complémentaires sont recalculées en prenant en compte les droits acquis durant la retraite progressive.
Une demande à envoyer quatre à cinq mois avant
Le régime de retraite complémentaire détaille la marche à suivre par les salariés pour bénéficier du dispositif. Ils sont d’abord invités à faire une estimation sur le site de l’Agirc-Arrco pour avoir une idée de la fraction de leur retraite qu’ils pourraient percevoir. Si le montant leur convient, ils doivent demander à leur employeur de travailler à temps partiel par lettre recommandée avec accusé de réception (AR).
Trois cas de figure sont alors possibles. Si l’employeur accepte, celui-ci doit remplir l’attestation de temps partiel que le salarié devra joindre à sa demande de retraite progressive. S’il ne répond pas dans les deux mois suivant l’envoi du courrier en recommandé, le passage à temps partiel (et, par ricochet, en retraite progressive) est considéré comme tacitement accepté. S’il refuse, il doit prouver que le temps partiel est incompatible avec l’activité économique de l’entreprise.
Il est conseillé de déposer la demande de retraite progressive auprès de ses caisses de retraite de base et de retraite complémentaire quatre à cinq mois avant le début du temps partiel. Il est possible de réaliser une demande unique en ligne sur le site de l’Agirc-Arrco ou sur le portail public info-retraite.fr qui sera transmise de manière dématérialisée à l’ensemble des caisses concernées.