Reprendre une affaire ressemble de plus en plus à un parcours d’obstacles. Selon les chiffres communiqués le 11 juin 2026 par le groupe Altares, 29 766 ventes et cessions ont été enregistrées en France, soit 6,1 % de moins sur un an. Le marché repasse ainsi sous la barre des 30 000 transactions, un niveau inédit depuis 2022.
Et le début de 2026 confirme cette tendance : au premier trimestre, les opérations reculent encore de 2,9 %. Les prix de cession, eux, résistent mieux. Après la forte hausse de 2024, le prix moyen revient à 241 781 euros, en baisse de 6,4 %. Cela relève davantage d’une normalisation que d’un décrochage. Le ticket médian progresse au contraire de 2,5 %, à 112 700 euros, signe que le marché conserve des points d’appui. Toujours d’après l’étude, la restauration reste le moteur des transactions. Les restaurants traditionnels, la restauration rapide et les débits de boissons représentent à eux seuls un tiers du marché. La boulangerie crée aussi la surprise : son prix moyen bondit de 13,7 %, à 258 604 euros. Les pharmacies demeurent, de loin, les fonds les plus chers, avec un prix moyen supérieur à 1,2 million d’euros. La ligne de fracture est aussi géographique. Seules les grandes villes voient leurs valorisations progresser (+ 7,3 %). Ailleurs, les prix décrochent. Les bourgs ruraux sont les plus touchés, avec 10,6 % de reprises en moins et un prix moyen en baisse de 12,6 %. La solidité d’un commerce ne suffit plus toujours : son environnement local pèse davantage dans la décision des repreneurs. Dernier enseignement : les très petites entreprises (TPE) concentrent encore plus de 91 % des opérations. Alors qu’une entreprise à transmettre sur deux ne trouve aujourd’hui pas de repreneur, Altares rappelle que plus de 90 % des entreprises reprises par rachat d’un fonds de commerce sont encore actives trois ans plus tard.