Le projet de Budget de la Sécurité sociale, actuellement en discussion, pourrait aussi bousculer certaines habitudes au comptoir des pharmacies. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 contient plusieurs mesures visant les pharmaciens, détaillées par leur Ordre national dans un communiqué publié le 8 octobre 2026. Leur entrée en vigueur reste toutefois conditionnée à l’adoption définitive du texte et, pour certaines dispositions, à la publication de décrets d’application. La délivrance des antibiotiques pourrait ainsi évoluer.
Pour lutter contre l’antibiorésistance (la résistance des bactéries aux antibiotiques, NDLR), l’article 28 du PLFSS 2027 ouvrirait la voie à leur délivrance à l’unité pour certains traitements. Le pharmacien pourrait ainsi délivrer uniquement la quantité prescrite, sans nécessairement remettre une boîte entière.
Certains médicaments pourraient également être délivrés sans ordonnance.L’article 30 vise à accélérer le passage de certains médicaments au statut de médicament à prescription médicale facultative. Il imposerait aussi à la Haute Autorité de santé (HAS) de réévaluer plus rapidement certains traitements lors de l’arrivée sur le marché d’une nouvelle substance active.
Les groupements de pharmacies seraient également soumis à un contrôle renforcé. L’article 10 les obligerait notamment à transmettre à l’Ordre national des pharmaciens, avant leur signature, leurs projets de contrats avec les titulaires d’officine. Le gouvernement envisage, en outre, de prélever 100 millions d’euros sur les flux financiers de ces groupements.
Enfin, les obligations de formation continue des pharmaciens pourraient évoluer. L’article 33 instaurerait la certification périodique en remplacement du développement professionnel continu (DPC). L’Agence nationale du DPC serait supprimée, ses missions étant transférées à la HAS et à la Caisse des dépôts.