Une nouvelle étape est franchie dans la prise en charge de l’obésité. Depuis le 15 juin dernier, l’Assurance maladie prend en charge une partie du coût de deux médicaments utilisés dans le traitement de l’obésité. Cette avancée, une première au sein de l’Union européenne, ne concernera toutefois qu’une fraction des patients atteints des formes les plus sévères de la maladie.
Depuis le 15 juin 2026, deux médicaments injectables, le Wegovy et le Mounjaro, bénéficient d’un remboursement par l’Assurance maladie. Le premier est commercialisé par le laboratoire danois Novo Nordisk, tandis que le second a été développé par le groupe américain Eli Lilly.
Tous deux appartiennent à la famille des analogues du GLP-1, des traitements qui agissent notamment sur la sensation de satiété et le ralentissement de la digestion. La prise en charge est fixée à 65 % du prix du traitement. Le reste à charge peut être couvert par la complémentaire santé.
Un remboursement réservé aux formes les plus graves d’obésité
Tous les patients souffrant d’obésité ne bénéficient pas de cette prise en charge. Les autorités sanitaires ont choisi de réserver le remboursement aux personnes qui répondent aux critères d’éligibilité de la chirurgie bariatrique, une intervention destinée à favoriser une perte de poids importante grâce à une modification du système digestif.
Sont notamment concernés les patients présentant une obésité sévère, avec un indice de masse corporelle (IMC) d’au moins 35 associé à une pathologie aggravante, ou ceux souffrant d’une obésité massive avec un IMC supérieur ou égal à 40. Certaines personnes reconnues en affection de longue durée (ALD) peuvent obtenir, selon leur situation médicale, une prise en charge intégrale de leur traitement par l’Assurance maladie.
Les maladies associées jouent un rôle déterminant
L’accès au remboursement dépend également de l’existence de comorbidités, c’est-à-dire de maladies liées ou associées à l’obésité. Parmi les pathologies prises en compte figurent notamment certaines maladies rénales sévères, des cancers ou encore des situations médicales complexes nécessitant une prise en charge renforcée. L’objectif est de cibler les patients dont l’état de santé présente les risques les plus élevés. Cette stratégie vise à réserver les financements publics aux situations où le bénéfice médical est considéré comme le plus important.
Par ailleurs, l’obtention du Wegovy ou du Mounjaro dans le cadre du remboursement ne peut pas se faire auprès de n’importe quel professionnel de santé. La prescription doit être réalisée par un médecin impliqué dans la prise en charge spécialisée de l’obésité, exerçant notamment dans un centre spécialisé de l’obésité (CSO), un centre hospitalier universitaire (CHU) ou un établissement de soins spécialisé dans les pathologies liées à la nutrition, à l’endocrinologie ou au diabète. Les endocrinologues travaillant en lien avec le CSO peuvent également initier le traitement.
Un recours pas automatique
Le traitement ne peut être envisagé qu’après l’échec d’un accompagnement nutritionnel et hygiéno-diététique correctement mené. Pour être considéré comme insuffisant, cet accompagnement doit notamment ne pas avoir permis une perte de poids d’au moins 5 % après six mois de suivi.
Par ailleurs, l’utilisation des médicaments doit obligatoirement s’inscrire dans une démarche globale associant alimentation adaptée et activité physique régulière.
De nombreux patients exclus du remboursement
Les médecins généralistes et les spécialistes continuent à pouvoir prescrire ces traitements à des personnes présentant une obésité moins sévère ou un surpoids associé à certaines complications comme le diabète, l’hypertension artérielle ou les maladies cardiovasculaires.
Toutefois, dans ces situations, le coût du Wegovy ou du Mounjaro est entièrement à la charge du patient. Aucun remboursement n’est assuré ni par l’Assurance maladie ni, par conséquent, par les complémentaires santé.