Le 12 novembre dernier à Paris, dans l’ambiance feutrée d’une Salle Pleyel comble, 1 500 adhérents AGIPI ont vécu une soirée exceptionnelle. Des analyses économiques sans concession et des témoignages d’exception ont nourri les débats, croisant réalités économiques et sociétales sans jamais se complaire des crises. Entre lucidité, impératif et sursaut, voici ce qu'il faut retenir de ces échanges animés par des esprits brillants pour décrypter notre époque.
Regarder la réalité en face
Dans un grand entretien, Édouard Philippe, ancien Premier ministre, a partagé ses convictions avec une franchise salutaire : “la France est une puissance moyenne”, certes, mais dotée d'atouts considérables. Il refuse le pessimisme ambiant. « On a absolument tout ce qu'il faut pour faire rebondir ce pays », a-t-il martelé, tout en reconnaissant que nos institutions « vont très mal ».
Interrogé par François Pierson, président d'AGIPI, sur la profondeur de la crise, l'ancien chef du gouvernement a réfuté le déclinisme tout en posant un diagnostic sans concession : la France doit désormais naviguer dans un monde où les rapports de force se manifestent par une compétition économique sans merci, la volonté de puissance des grandes nations qui s'exprime « sans aucune retenue » et la nécessité impérieuse pour l'Europe de protéger son marché en exigeant la réciprocité commerciale. « On est passé d'un monde de règles à un monde de rapports de force où la volonté de puissance d'un certain nombre d'États vient écraser tout le reste. »
La solidité comme rempart
Face aux incertitudes économiques et à la crainte diffuse d'une crise de la dette, la question de la sécurité de l'épargne est sur toutes les lèvres. Dans une interview passionnante, François Pierson choisit de l'adresser frontalement : « Les Français ont peur pour leur épargne. Ont-ils raison ? ». La réponse de Florence Lustman, présidente de France Assureurs, se veut rassurante et catégorique : « Non. Les gens n'ont pas de raison d'être inquiets pour leur assurance vie ».
L’ancienne inspectrice générale des finances l'assène avec une netteté implacable. Avec 2 000 milliards d'euros sous gestion, l'assurance vie n'est pas un matelas dormant mais un poumon économique. Plus de 60 % des fonds sont investis dans les entreprises (françaises et européennes) et 20 % soutiennent la dette publique, finançant hôpitaux et écoles. Concrètement, sur 1 000 euros confiés, 630 euros irriguent l'économie réelle. « Il n'y a pas plus productif que l'assurance-vie », affirme Florence Lustman avec force, une mise au point nécessaire face à certaines velléités parlementaires de taxer davantage ce pilier de l'épargne des Français.
L’accélération vertigineuse du progrès
L'optimisme est aussi technologique. Le professeur Antoine Tesnière, directeur de PariSanté Campus, nous a transportés au cœur de l'innovation médicale avec une énergie communicative. « On a fait plus de grandes découvertes sur les 50 dernières années que sur les 2 000 dernières années », s'est-il réjoui. Cette accélération fulgurante, nous l'avons rencontrée avec la remise des Trophées AGIPI récompensant trois start-ups françaises incroyables :
- Sophie Agosta, CEO de KOR, une plateforme de santé proactive et check-up innovants pour les employés,
- Anne Osdoit, CEO de Moon Surgical, un robot qui assiste le chirurgien pour ces opérations mini-invasives
- et Nihal Engin Vrana, CEO de Spartha Medical, des revêtements actifs pour réduire le risque d'infection et l'antibiorésistance.
Ces trois projets illustrent la convergence entre stratégie d’investissement et médecine du futur. Loin d'être une simple abstraction financière, l'épargne retrouve ici tout son sens : elle devient le carburant concret d'une santé plus préventive, plus humaine et plus technologique.
L’audace du collectif
Le témoignage vibrant de Virginie Guyot, ex-pilote de chasse et première femme à avoir dirigé la Patrouille de France, colonel de l’Armée de l’air et de l’espace, a marqué les esprits par sa force mentale et sa simplicité. Loin du mythe du chef infaillible, Virginie Guyot valorise l'authenticité et prône un leadership sincère : « Ce n'est pas une question de pouvoir, c'est plus une question de responsabilité et de créer les conditions de réussite des équipes ». Son parcours est un modèle de résilience, de performance et de clairvoyance. Son appel à l'audace a résonné au-delà de l'aéronautique, faisant écho aux grands enjeux de la soirée : garder la tête froide et bâtir des stratégies de long terme, même en pleine turbulence.
Une fierté partagée
Au bilan de cette soirée, une fierté et une dynamique entrepreneuriale émergent. Dans une période où l’on parle beaucoup de défiance, de colère diffuse et de désamour pour la chose publique, cette soirée a esquissé un autre récit possible pour la France : lucide mais résolument confiant.
C'est l'image d'un pays qui doute sans renoncer, qui encaisse pour mieux rebondir et qui continue de produire des figures d'engagement et de courage. À travers la solidité de l'épargne, l'audace de l'innovation médicale et la force du collectif, on retrouve ici les valeurs d'AGIPI : accompagner ceux qui entreprennent et qui osent, pour transformer les incertitudes d'aujourd'hui en réussites de demain.
La soirée en images