La fiscalité du plan d’épargne retraite (PER) a été largement bousculée cette année. Au point que la Direction de l’information légale et administrative (DILA), qui dépend du Premier ministre, en a fait une note publiée le 29 avril 2026 sur son site Internet. Les deux textes budgétaires ont instauré pas moins de trois changements majeurs dans l’imposition du PER, qui ne sont pas tous défavorables pour les épargnants.

Ces nouveautés s’appliquent aux trois composantes de ce placement conçu pour se constituer un complément de revenu pour la retraite. À savoir : le plan d’épargne retraite individuel (PERIN) alimenté par les versements volontaires, le plan d’épargne retraite d’entreprise collectif (PERECO) alimenté par les primes d’épargne salariale (intéressement, participation, prime de partage de la valeur, abondement de l’employeur, jours de repos non pris et monétisés) et le plan d’épargne retraite d’entreprise obligatoire (PERO) alimenté par des cotisations obligatoirement prélevées sur la rémunération des salariés.

Déduction des versements volontaires plus autorisée à partir de 70 ans

En premier lieu, la loi de finances pour 2026 a supprimé la possibilité pour les détenteurs d’un PERIN, d’un PERECO et d’un PERO âgés de 70 ans et plus, de continuer à déduire leurs versements volontaires de leur revenu imposable. Pour les retraités, cette déductibilité ne pouvait pas jusqu’ici dépasser 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) de l’année N-1 (l’année précédant le versement), revalorisé tous les ans. Si l’avantage fiscal avait été maintenu pour les souscripteurs d’au moins 70 ans, ces derniers auraient pu déduire jusqu’à 4 710 euros (10 % du PASS 2025) de leurs revenus perçus en 2026 et déclarés au printemps 2027.

Dans le même temps, le Budget 2026 a étendu la durée de report des plafonds de déduction fiscale non utilisés. Le titulaire d’un PER peut, en effet, reporter le reliquat de ses plafonds peu ou pas exploités. Depuis le 1er janvier dernier, le report porte sur les plafonds des cinq dernières années, contre les trois dernières années auparavant. La mesure sera donc pleinement effective en 2031.

Une hausse des prélèvements sociaux peu pénalisante

Enfin, la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 a augmenté de 1,4 point de pourcentage le taux de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les revenus (intérêts, plus-values) de certains placements, dont le PER. Les prélèvements sociaux qui englobent la CSG, mais aussi la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) et le prélèvement de solidarité, sont ainsi passés de 17,2 % à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026. Ils s’appliquent sur le capital (une somme versée en une ou plusieurs fois) ou sur les rentes viagères (une somme calculée en fonction de l’épargne capitalisée et de l’espérance de vie de l’assuré, et versée régulièrement jusqu’à son décès) servis par le PER.

En réalité, cette augmentation de la fiscalité sociale pénalise le PER avec un effet différé. Le plan étant bloqué jusqu’au départ à la retraite ou jusqu’à l’âge légal (l’âge minimum de départ), les prélèvements sociaux ne sont pas ponctionnés en phase d’épargne, mais uniquement à la liquidation du PER en capital ou en rentes.

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