20 ans d’initiatives, d’efforts et de réglementation dans le monde et en Europe

 
Ces deux dernières décennies, la communauté internationale se progressivement à l’évidence que la notion de développement durable est la seule option valable pour assurer le futur de l’humanité. Plutôt que de parler simplement de croissance économique, elle aborde désormais les questions d’environnement et de climat. A force de débats et de réflexion, elle parvient à bâtir tout un ensemble de plans d’actions visant à atteindre cet objectif tant pour les pays en voie de développement que pour les nations les plus riches. Pour parvenir à cet objectif, elle compte non seulement sur la politique mais également sur la responsabilisation du monde économique et un meilleur fléchage des investissements et de l’épargne.
 

Les 8 objectifs du millénaire pour le développement (2000)

 

Organisé du 6 au 8 septembre 2000, le Sommet du Millénaire se tient au siège des Nations Unies à New York. Il débouche sur l’adoption de la Déclaration du Millénaire. Celle-ci fixe 8 objectifs d’ici à fin 2015 aux 193 états membres de l’organisation.

Les 8 objectifs sont les suivants :

  • Réduire l’extrême pauvreté et la faim dans le monde
  • Assurer l’éducation primaire pour tous
  • Promouvoir l’égalité et l’autonomie des femmes
  • Réduire la mortalité infantile
  • Améliorer la santé maternelle
  • Combattre le Sida, maîtriser l’expansion du paludisme et d’autres grandes maladies
  • Intégrer les principes du développement durable dans les politiques nationales
  • Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
     

 

 

Première Stratégie de Développement Durable pour l’Union Européenne (2001)

 
C’est lors du Conseil européen de Göteborg, en juin 2001, qu’est adoptée la toute première stratégie européenne en matière de développement durable. Quatre défis prioritaires sont fixés : le changement climatique, le transport durable, la santé publique ainsi que la préservation et la gestion des ressources naturelles. Ceux-ci vont induire des changements dans la manière dont les politiques sont élaborées à l’échelle de l’Union Européenne mais aussi à celle des états membres.

En 2006, cette stratégie est revue afin de suivre de manière plus efficace les principes du développement durable. Trois défis prioritaires sont ajoutés à la liste : la production et la consommation durables, l’inclusion sociale, la démographie et la migration.
 
 

Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg (2002)

 
Dix ans après le sommet international de Rio, celui de Johannesburg est le premier à porter le nom de « développement durable ». Il est l’occasion de faire le point sur les mesures proposées en 1992 et d’en décider de nouvelles. Dans la mémoire collective, il reste marqué par le discours du président français Jacques Chirac pour qui : « notre maison brûle et nous regardons ailleurs. » et qui lance l’avertissement suivant : « Prenons garde que le XXIe siècle ne devienne pas, pour les générations futures, celui d’un crime de l’Humanité contre la vie. »

Du côté des résolutions, les participants réaffirment notamment leur volonté d’atteindre les objectifs de développement de l’ONU pour le millénaire dans lesquels figurent notamment la réduction de l’extrême pauvreté, l’accès à l’éducation, l’égalité des sexes et l’application du principe de développement durable.
 
 

L’appel à l’engagement des investisseurs au travers des PRI (2006)

 
En 2006, l’initiative financière du Programme des Nations Unies pour l’environnement (UNEP-FI) lance les Principes pour l’Investissement Responsable (PRI). Son objectif est d’inciter les investisseurs institutionnels (fonds de pension, compagnies d’assurance) et les sociétés de gestion d’actifs à intégrer les problématiques d’environnement, de social et de gouvernance dans la gestion de leurs avoirs. Désormais, tous ceux qui le souhaitent pourront adhérer à ces principes et progressivement s’engager dans une démarche connue sous le nom « d’intégration ESG ».
 

Conférence sur le développement durable Rio +20 (2012)

 
20 ans après la conférence de Rio sur l’environnement et le développement, la communauté internationale renouvelle entre le 20 et le 22 juin 2012 son engagement politique en faveur du développement durable et se livre à une évaluation sans concession sur les progrès réalisés et les lacunes qu’il serait urgent de combler. A l’issue de la conférence, le développement durable est présenté comme « la seule option pour l’humanité » et l’économie verte en est le principal vecteur. Ce sont ainsi près de 700 engagements d’un montant total de 513 milliards de dollars qui sont annoncés pour financer des initiatives dans les domaines de l’énergie, des transports, de la lutte contre la désertification, de l’eau, des forêts ou encore de l’agriculture.
 

Les ODD et la définition d’un cadre mondial pour le développement durable (2015)

 
Quinze ans après le Sommet du Millénaire, les états membres de l’ONU dressent un bilan sur les actions engagées pour répondre aux 8 objectifs qui avaient été fixés. Dans l’ensemble, la communauté internationale estime que des progrès ont été accomplis notamment pour ce qui concerne la mortalité infantile et la pauvreté. En revanche, les résultats obtenus en matière de santé et d’environnement sont mitigés.

Afin de continuer à exploiter la dynamique engagée, les Nations Unies lancent le 25 septembre 2015 un nouveau programme de développement durable dont l’horizon est 2030. Celui-ci s’articule autour de 17 objectifs. Rapidement connus sous le nom d’ODD (Objectifs de Développement Durable), ils permettent d’identifier les défis les plus urgents et de définir un cadre mondial pour faire du développement durable un moteur essentiel de la croissance économique.
 
 

La COP 21 et l’Accord de Paris (2015-2016)

 
Lancée en 1992 par la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique, la COP (conference of parties ou conférence des parties) est un sommet international sur le climat réunissant 195 pays et l’Union Européenne. Elle permet chaque année de faire le point sur les actions lancées et de négocier de nouveaux engagements.

Après Varsovie et Lima, la COP dont c’est la 21e édition se tient à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015. Son mérite principal est d’aboutir à l’élaboration d’un accord sur la réduction des gaz à effet de serre.

Baptisé « Accord de Paris », celui-ci prévoit de contenir sur le long terme le niveau de l’élévation de température mondiale en-dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels et de stabiliser l’augmentation de la température mondiale à 1,5°C. Il est entré en vigueur le 4 novembre 2016. Au 1er février 2021, 183 parties sur les 197 qui participaient à la conférence l’ont ratifié.
 
 

Le Pacte Vert pour une Europe neutre carbone en 2050 (2019)

 
L’Union Européenne entend devenir la première zone du monde dont les émissions de gaz à effet de serre seront devenues nulles en 2050. Pour y parvenir, elle a présenté, le 11 décembre 2019, un plan d’action destiné d’une part à promouvoir l’utilisation efficace des ressources en passant à une économie propre et circulaire et, d’autre part, à restaurer la biodiversité et réduire la pollution.

Ce plan présente les investissements nécessaires et les instruments de financement disponibles pour tous les secteurs d’activité.

😉L’anecdote 

La neutralité carbone pour produire davantage de carbone

Lorsqu’un état ou une entreprise annonce vouloir atteindre la neutralité carbone, cela ne signifie pas pour autant qu’il ou elle va réduire à néant ses émissions de gaz à effet de serre. En réalité, l’objectif consiste plutôt à atteindre un équilibre entre ses émissions de carbone et les solutions permettant justement l’absorption de ce même carbone. En d’autres termes, rien n’empêche à terme cet état ou cette entreprise d’envisager d’émettre davantage de carbone dès lors qu’il est possible d’augmenter dans le même temps les capacités pour absorber les émissions supplémentaires.

La taxonomie européenne (2020-2022)

 
Parmi les outils sur lesquels l’Europe a choisi de s’appuyer pour mener à bien son Pacte Vert figure la taxonomie des activités durables. Cette classification a fait l’objet d’un rapport publié le 9 mars 2020. Dans les faits, elle évalue la durabilité de 70 activités économiques représentant 93% des gaz à effet de serre du Vieux Continent. Elle devrait permettre de mettre fin au fameux « greenwashing » (éco-blanchiment) qui consiste pour une entreprise à redorer son image de marque au travers d’actions de communication tournées vers l’écologie. A terme, ces sociétés ne devraient avoir d’autre choix que modifier leur modèle économique afin de pouvoir répondre aux exigences européennes de lutte contre le changement climatique. Cette taxonomie doit aussi permettre de flécher davantage les investissements vers les placements les plus durables.

L’adoption du texte définitif relatif à cette classification est prévu pour la fin 2021 et son application est programmée pour fin 2022.
 

Un plan de relance vert pour favoriser la transition vers la fin du carbone (2021-2024)

 
La pandémie de covid-19 provoquant une crise sociale et économique à travers le monde, l’Union Européenne a décidé de relever le niveau de ses dépenses afin de pouvoir continuer à mettre en œuvre son Pacte Vert. Le 27 mai 2020, elle a ainsi proposé d’ajouter 750 milliards d’euros au budget européen traditionnel sur la période 2021-2024 afin d’accélérer la transition écologique. Ces fonds devront être utilisés par les pouvoirs publics nationaux en évitant tout impact négatif sur l’environnement.
 

En route vers la COP 26 (2021)

 
Initialement programmée du 9 au 20 novembre 2020 à Glasgow, en Ecosse, la COP 26 devrait finalement avoir lieu du 1er au 12 novembre 2021. Sa tenue revêt une importance capitale puisqu’elle sera l’occasion de mesurer les défis encore à relever pour atteindre la promesse de l’Accord de Paris. Parmi les sujets abordés figureront en bonne place la question des plans de relance verts suite à la crise du Covid-19, la nécessité d’accorder des financements supplémentaires aux pays émergents ainsi que la définition et la coordination des actions en matière de climat et de biodiversité.